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Deschannel - They Know Nothing, They Recite !
Sur ce deuxième album cinématique à l’équilibre miraculeux, le stéphanois Deschannel transforme ses cauchemars urbains et organiques en modèles de groove psychédélique par la biais d’une musique synthétique dont les claviers voraces phagocytent tout sur leur passage, de l’électronica au hip-hop en passant par le jazz. Résultat : un étrange chef-d’oeuvre instrumental qui se joue des paradoxes, entre lyrisme minimal et glauquitude grouillante, puissance dévastatrice et échappées rêveuses. ![]() 1. It Wont Be Okay
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Année de sortie : 2008
Vous aviez rêvé de voir Lalo Schifrin arranger les cuivres pour la BO d’un western urbain signé John Carpenter ? El-P poser ses beats apocalyptiques sur les claviers aux songes angoissés de Boards Of Canada ? Add N To (X) transformer une élégie de John Coltrane en twist martien (cf. le tubesque Adolf China) ou encore Odd Nosdam engloutir sous une vague de bruit blanc le cosmic-jazz psychédélique de Sun Ra ? Vous désespériez de tomber sur un musicien capable de renouer avec les atmosphères tendues des plages les plus inquiétantes de Morricone, capable d’en retrouver l’esprit au lieu de se contenter d’en plagier bêtement les gimmicks ? Vous vous sentiez orphelin d’Abstrackt Keal Agram au point de vous lancer à coeur perdu dans la quête probablement vaine d’un digne successeur à leur Cluster Ville de 2002, au rayon chef-d’oeuvres inclassables d’électro made in France ? Eh bien ne cherchez plus, car l’OVNI abstract de ce début d’année nous vient de St Etienne et risque fort de vous secouer le cerveau et les tripes pour un bon bout de temps. Non pas que Deschannel soit du genre à louvoyer aux abords des frontières de l’inaudible, ces limites du confort qu’aimait parfois à franchir Matt Elliott du temps des premiers album de The Third Eye Foundation. Au contraire, l’accroche est ici immédiate grâce à un background jazz et hip-hop apte à transformer le gouffre le plus sombre et vertigineux en sommet de coolitude groovesque. Mais comme les sensations paradoxales procurées par un tel album sont quasi impossibles à décrire par des mots, autant laisser parler la musique et l’image avec trois vidéos bien psyché dont la qualité sonore tout juste correcte vous gardera intact le choc de le vraie découverte sur CD.
Vous l’aurez peut-être remarqué, ces trois morceaux s’enchaînent dans l’ordre inverse sur l’album, mais avec Deschannel vous prendrez vite l’habitude d’avoir la tête à l’envers. En effet, fallait quand-même le faire, reprendre un EP six titres déjà bien barré, en rajouter quatre du même acabit et obtenir un album d’une cohérence pareille. D’ailleurs, en parlant de ne plus s’y retrouver, le musicien devrait bientôt prendre part à un split avec ses mentors de B R OAD WAY, qui l’hébergent désormais sur leur label 6am, voire même par la suite avec The John Venture au grand complet (B R OAD WAY + Angil). Mais comme c’est pas pour tout de suite, ceux qui apprécient déjà They Know Nothing, They Recite ! depuis sa sortie pourront toujours se rabattre en attendant sur un premier album éponyme enregistré avec Hanna Trance en 2004, ou plus récent, un split EP de 2007 avec Jan de B R OAD WAY intitulé Noe Vanderhoff et dont deux extraits sont en écoute sur myspace. Chronique du : 20/04/2008 par |
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