Red Snapper - Hyena

1. Card Trick
2. Walking Man
3. Village Tap
4. Herder Can Dance
5. Wonky Bikes
6. Dock Running
7. Blue Chest
8. Lassoo
9. Trafic
10. Mambetty
11. Archout
12. No Exit

2014 - Lo Recordings

Sortie le : 2 septembre 2014

Les hyènes se cachent-elles pour mourir ?

Après le jazz-dub électrique au groove sombre et sinueux de Key, le bassiste/chanteur Ali Friend et ses compères s’attaquent à la funk et à la musique africaine sur ce nouvel opus, sorti dans une relative discrétion, de l’ex fleuron drum’n’bass et abstract du label Warp également connu pour ses incursions trip-hop tourmentées à la fin des années 90 sur l’album Making Bones.

Marqués par leur travail sur la nouvelle BO du film sénégalais Touki Bouki ("Le voyage de la hyène", ceci explique cela), récemment restauré après 40 ans de culte obscur (pour la petite histoire, le film avait reçu le Prix de la critique au festival de Cannes 1973), les Londoniens désormais signés chez Lo Recordings en ont repris et développé plusieurs thèmes musicaux pour donner naissance à Hyena. Malheureusement, la musique de Red Snapper sonne d’emblée moins aventureuse sur cet album aux facilités bien indignes de leurs compos habituelles. Tandis que les Heliocentrics parvenaient récemment au côté d’Orlando Julius à insuffler en toute humilité une bonne dose de modernité dans l’héritage lourdement codifié de l’afro-pop, Hyena sonne en effet comme une production Ninja Tune un peu datée aux traits épais dont l’efficacité vintage en fond sonore à l’apéro ne suffit pas vraiment à nous faire oublier les automatismes un brin désuets, loin de la classe indémmodable du dernier Tommy Guerrero dans un esprit apparenté.

Entre l’acid funk anachronique de Card Trick, le r’n’b à bulles de Waking Man, l’easy listening disco-funk de Village Tap ou le dub ronronnant de Lassoo émergent pourtant quelques très jolies réussites, à commencer par l’épopée blaxploitation d’un Dock Running où les basses sous tension de Friend et les guitares wah-wah de David Ayers servent de liant entre les synthés rétro-futuristes de Tom Challenger et des cuivres africanisants enfin en liberté. On saluera ainsi l’onirisme oriental aux incursions électroniques droguées de Blue Chest, le classe absolue de Rich Thair aux percus d’un Wonky Bikes coulant à souhait ou le retour du jazz atmosphérique sur un No Exit aux charmes hypnotiques pile entre new wave et krautrock, sans pour autant trouver plus convaincant le résultat final, ensemble bancal aux incursions chantées généralement de trop (Mambetty).


( RabbitInYourHeadlights )

Disques - 18.09.2014 par Elnorton
 


2020-2024 : une rétro alternative (par Rabbit)

Albums et EPs favoris, artistes et labels emblématiques par "genres", chansons m’ayant tout particulièrement accompagné... c’est l’heure de ma grande rétro de mi-décennie, et si l’ensemble des sorties plébiscitées ici (à l’exception de l’album de 10th Letter passé entre les mailles du filet à sa sortie) avaient déjà été chroniquées dans nos pages et par mes (...)




Quinze ans après les fusions de drum’n’bass anxieuse, de jazz crépusculaire et d’abstract hip-hop cinématique et funky de Prince Blimey et à plus d’une décennie de distance de leur troisième et dernier opus chez Warp dont ils avaient été à l’époque la première signature instrumentale, les géniaux Red Snapper reviennent par la petite porte mais avec les (...)