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Pas d’Hollywood pour Sharon Stoned
Quel rapport entre The Notwist, Sebadoh, Tocotronic et The Lemonheads ? Eh bien leurs leaders ont tous chanté, entre 1995 et 1996, sur l’un au moins des deux albums du groupe allemand Sharon Stoned, pépites oubliées du rock lo-fi des années 90. Derrière ce nom digne d’un groupe de lycéens à l’humour potache, on retrouve notamment Mark Kowarsch (aka Tortuga Bar), claviériste sur le 12 de The Notwist en 1995, ici à la batterie et au chant. Avec Christopher Uhe (guitare, piano, chant), ils fondent le quatuor Sharon Stoned sur les cendres de leur défunt groupe Speed Niggs, émule de Dinosaur Jr. et Sonic Youth, et sortent un premier album en 1995 justement, License To Confuse . Les deux autres membres sont Tim Nass (guitare, claviers) et Sven Rysenberg (basse). Le titre de ce premier opus vient d’une chanson de Sebadoh, et si la production ménage une profondeur idéale les compos sont résolument lo-fi, entre électricité saturée et folk minimal, parfois presque country, comme sur le superbe Special Plan (interprété par Evan Dando des Lemonheads, avec lequel Mark et Christopher avaient déjà collaboré à plusieurs reprises du temps de Speed Niggs). On y entend également quelques boîtes à rythmes, des cuivres atmosphériques qui préfigurent ceux du Neon Golden de The Notwist (sur le merveilleux final de To A Friend), et même de la techno hardcore avec le fracassant Shrug. Chaque morceau ou presque est un tube en puissance, et plus généralement, on navigue quelque part entre Sonic Youth, les Lemonheads, Sebadoh et The Notwist (casting oblige) : des chansons pop mélancoliques tantôt à nu, tantôt coulées dans les dissonances d’un mur de disto en béton armé, un univers schizophrène (plutôt que psychédélique comme le nom du groupe pourrait le laisser entendre) auquel répondent les nombreuses voix qui le parcourent.
Toutefois, en 97, c’est avec sa femme Vanessa (à la basse et parfois au chant) et sous le nom d’Elektrosushi que l’on retrouvera Mark Kowarsch le temps de quatre singles puis d’un album l’année suivante qui distillent une indie pop plus classique mais réussie, avant de le voir se lancer en solo (mais toujours accompagné de nombreux amis musiciens) en tant que Tortuga Bar, avec plus ou moins de bonheur. L’aventure aura été de courte durée pour Sharon Stoned, une trajectoire en étoile filante mais passionnante pour longtemps et capitale pour toute une frange du rock qu’on aime. Doublement précieuse, donc. Pour découvrir la musique de Sharon Stoned, rendez-vous sur myspace où des extraits de License To Confuse et de Sample & Hold sont en écoute. Article du : 6/02/2008 - Rédigé par |
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